Blessure clandestine

Assis devant la glace, il regarde son image.

A présent, il est temps pour lui de se farder.

Perdu dans son regard, il a comme un blocage ;

Ses paupières se ferment, une larme a coulé …

 

D’un revers de sa main, il assèche sa joue.

Il attrape le blanc pour parer son visage,

Bien uniformément sans oublier le cou.

Sous ce masque, perdu, soudain il n’a plus d’âge …

 

Alors, il accentue d’un trait de crayon noir,

Bords des yeux et sourcils, pour qu’on le voit de loin,

Y ajoute une larme, pour un faux désespoir,

Rajuste sa perruque de cheveux couleur « foin »…

 

Ce soir, il est éteint…et c’est soir de gala.

Ils sont venus pour rire, ils sont là pleins de joie,

Et lui, le cœur blessé, ne pense qu’au trépas.

De toute sa carrière, c’est la première fois …

 

Il s’habille lentement pareil à l’automate,

Disparaît à moitié dans ce costume trop grand,

Se regarde à nouveau, avant qu’on ne le hâte,

Il ferme à double tour la porte à ses tourments …

 

Puis, la dernière touche il s’apprête à se mettre,

Il entoure sa bouche, sombre rouge écarlate,

Les grandes chausses enfile, pour mieux le reconnaître,

Enfin, il met son nez, grosse boule « tomate » …

 

Alors, le voilà prêt à entrer sur la piste,

Sous les applaudissements des petits, si contents !

Ils ne sentiront pas, que leur clown est si triste,

Et lui les fera rire, en faisant bien semblant …

http://www.copyrightdepot.com/cd17/00049441.htm

Récréations …

Oui, voilà ce que je fais pour reposer mon cerveau des créations abstraites ….

 

Aurore voilée

http://www.copyrightdepot.com/cd17/00049441.htm

Je m’inspire des anciens  « Sinagots » ou « Forbans », qui étaient les bateaux du golfe du Morbihan …

Evasion rouge

http://www.copyrightdepot.com/cd17/00049441.htm

Revu par mon imagination bien sûr puisque c’est de création …. et non un précis technique de navigation …je précise cela pour les spécialiste de voile !

Aube blanche

http://www.copyrightdepot.com/cd17/00049441.htm

Ces toiles sont réalisée entièrement aux couteaux et à l’huile ….

 

Retour des iles

http://www.copyrightdepot.com/cd17/00049441.htm

 

Voilà,

Quelques rêves d’horizons imaginaires…

Je te l’ai dit pour les nuages
Je te l’ai dit pour l’arbre de la mer
Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles
Pour les cailloux du bruit
Pour les mains familières
Pour l’oeil qui devient visage ou paysage
Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
Pour toute la nuit bue
Pour la grille des routes
Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert
Je te l’ai dit pour tes pensées pour tes paroles
Toute caresse toute confiance se survivent.

Paul Éluard

Je me couche dans la poussière, les yeux fermés

La nuit sera totale, tant que l’aube

Et le grand jour de ta chair

Ne passeront pas au-dessus de moi

Comme un vol de soleils.

Alain Borne

Paul Eluard

Paul Éluard, de son vrai nom Eugène Émile Paul Grindel (14 décembre 1895 à Saint-Denis18 novembre 1952 à Charenton-le-Pont ), est un poète français.

C’est à l’âge de vingt et un ans qu’il choisit le nom de Paul Éluard, hérité de sa grand-mère, Félicie. Il adhère au dadaïsme et est l’un des piliers du surréalisme en ouvrant la voie à une action artistique engagée. Il est connu également sous les noms de plume de Didier Desroches et de Brun.

Exaltation de l’expérience amoureuse

La poésie d’Éluard est d’abord une exaltation lucide du désir. Capitale de la douleur (1926) montre que le monde de la maladie, de la solitude et de la mort, est toujours menaçant, mais c’est justement aussi ce qui donne son prix au bonheur. L’amourégoïste de L’amour la poésie peut également s’ouvrir et œuvrer pour le bonheur de tous, comme en témoignent La vie immédiate (1932) et Les Yeux fertiles (1936), célébrant son amour partagé avec Nusch. La mort de Nusch est l’occasion d’un pari fou sur l’avenir, d’un authentique recommencement. Le Dur Désir de durer est un acte de foi envers le langage conçu comme une lumière capable de faire reculer les ténèbres de la souffrance.

Chez Paul Éluard, les exigences morales épurent le mot sans jamais éluder les bouleversements de l’homme, tant la logique de l’amour les soutient. « Pour lui, l’amour est la grande force révolutionnaire », souligne Jacques Gaucheron. Il l’approfondit sans cesse, du désir le plus charnel à l’érotisme et jusqu’à cette ouverture au monde qu’est l’amour. Passer de je à tu, c’est passer à nous, au nous le plus vaste. L’amour, par nécessité intérieure, donne à voir, donne à vivre, donne à vouloir un monde sans mutilation qui s’épanouirait en investissant toutes les dimensions humaines. La seule exigence totalisante étant celle du bonheur. Éluard dit: « Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d’autre ».

Libérer le langage pour changer la vie

Le langage de la poésie d’Éluard dépasse l’automatisme pur et ne se contente pas de mettre au jour le minerai de l’inconscient. Il cherche à rendre évidentes des associations de mots, d’images, qui pourtant échappent à tout lien logique. Car si « la terre est bleue comme une orange » (L’Amour, la poésie), c’est que, pour le poète, tout est possible à qui sait « voir ». C’est en affranchissant la pensée de ses limites qu’il découvre l’absolu poétique. Chez Éluard, la parole affirme : « J’ai la beauté facile et c’est heureux » (Capitale de la douleur).

Cette cohérence tient à la profondeur de l’invention d’Éluard, qui n’est pas seulement une manière de dire, mais une manière d’être. L’intuition fondamentale du poète, explique Jacques Gaucheron, est précocement à l’origine de la revendication inconditionnelle du bonheur. Sa méditation poétique s’expérimente dans les remous de sa vie personnelle. On pense souvent à lui comme poète de la Résistance. Durant les années abominables de l’occupation nazie, il est celui qui ne se résigne pas, qui n’accepte pas. Le sommet est atteint avec Liberté qui sera diffusé dans le monde entier en 1942. Paul Éluard est un porteur d’espérance.

Mais il est aussi le poète de la résistance, sans majuscule. Il écrit contre l’ordre du monde. Sa lutte est tout aussi ininterrompue que sa poésie. Lorsqu’il écrit l’Immaculée Conception en 1930 avec André Breton, il se bat contre les traitements que l’on inflige aux aliénés, l’aliénation étant l’une des pires représentations de l’exclusion. Au sens que lui confère Éluard, la poésie est une entreprise de désaliénation. La poésie en devient donc « un art de langage, un art de vie, un instrument moral ».

Bibliographie

  • Premiers poèmes, 1913

  • Le Devoir , 1916

  • Le Devoir et l’Inquiétude , 1917, avec une gravure sur bois par André Deslignères

  • Les Animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux , 1920

  • Une vague de rêve , 1924

  • Mourir de ne pas mourir, 1924

  • Au défaut du silence, 1925

  • Capitale de la douleur, 1926

  • Les Dessous d’une vie ou la Pyramide humaine, 1926

  • L’Amour la Poésie, 1929

  • Ralentir travaux, 1930, en collaboration avec André Breton et René Char

  • À toute épreuve, 1930

  • Défense de savoir, 1932

  • La Vie immédiate, 1932

  • La Rose publique, 1935

  • Facile, 1935

  • Les Yeux fertiles, 1936

  • <Quelques-uns des mots qui jusqu’ici m’étaient mystérieusement interdits glm, (1937)>

  • Cours naturel, 1938

  • Donner à voir, 1939

  • Poésie et vérité 1942, 1942

  • Liberté, 1942

  • Avis, 1943

  • Les Sept poèmes d’amour en guerre, 1943

  • Au rendez-vous allemand, 1944

  • Poésie ininterrompue, 1946

  • Le Cinquième Poème visible, 1947

  • Notre vie, 1947

  • À l’intérieur de la vue, 1947

  • La Courbe de tes yeux, 1947

  • Le temps déborde, 1947

Droits d’auteur enregistrés CopyrightDepot.com 00049441