Le mystère

 


Ô nuit, ô belle nuit, pâle comme sa chair :
Je rêve au passé mort, je rêve au passé clair…

Je revois ta chair pâle, et rêve aux heures mortes,
Où notre joie, où notre extase étaient si fortes !

Le rossignol des nuits d’alors ne chante plus :
Je songe à tes grands yeux qui m’étaient apparus.

Et je songe à ta voix angéliquement tendre,
Que jamais, oh ! jamais je ne dois plus entendre,

Aux baisers de ta voix si mortellement doux,
Aux délices des soirs passés à tes genoux !…

Et je pense à la mort, et je pense à la tombe,
Qui fut scellée un jour sur ma pâle colombe ;

Et je cherche où s’en vont ceux qui s’en sont allés,
Ces regards, ces soupirs, ces parfums envolés.

Je réclame ton âme invisible à l’espace :
Ton âme est-elle errante en ce souffle qui passe ?

Et je porte à ma bouche et je baise une fleur,
Où je sens ton haleine et revois ta pâleur.

Ton âme revit-elle en ce frisson d’étoile ?…
Morts, pourquoi le mystère horrible qui vous voile ?

Ô nos morts bien aimés, où disparaissez-vous ?
Serions-nous vos tombeaux?N’êtes-vous plus qu’en nous ?

Serais-tu tout entière, hélas ! ensevelie
Dans ce cœur d’un amant qui, vieillissant, t’oublie ?

– Nuit chaude, ô nuit aimante, et pleine de soupirs,
Je songe à ce néant de tous nos grands désirs !

Pierre LOUŸS (1870-1925)

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Réflexion pour deux (suite 3)

L’une des différences fondamentales entre les hommes et les femmes réside dans leur façon de réagir au stress. Les hommes se focalisent et se ferment, les femmes laissent parler les émotions qui les envahissent.
Dans ces moments là, leurs besoins sont totalement à l’opposé: pour se sentir mieux, l’homme doit résoudre ses problèmes seul, tandis qu’il est nécessaire à sa compagne d’en parler. 

Les hommes sont comme des élastiques: lorsqu’ils se réfugient dans leur intérieur, ils ne peuvent s’y enfoncer que jusqu’à un certain stade avant d’être ramenés à leur point de départ.

L’élastique est donc le symbole idéal pour nous aider à comprendre le cycle de l’intimité masculine, cycle fait d’un rapprochement suivi d’un éloignement, puis de nouveau un rapprochement plus serré.

La plupart des femmes sont étonnées de ce que, même quand un homme aime beaucoup sa partenaire, il éprouve tout de même de temps en temps le besoin de s’isoler pendant un moment, avant de revenir ensuite auprès d’elle.
Ce retrait est instinctif chez l’homme; il n’est aucunement délibéré, ni pensé.

Ce n’est ni sa faute à lui, ni sa faute à elle.Il s’agit d’un cycle naturel.

Si la femme interprète mal ce retrait de l’homme, c’est que quand elle-même choisit de s’isoler, c’est pour des raisons bien différentes. Elle s’isole quand elle doute des sentiments de son conjoint, quand elle se sent blessée ou craint d’être blessée davantage, et quand il l’a déçue en faisant quelque chose d’incorrecte.

Bien sûr un homme peut s’isoler pour les mêmes raisons, mais il le fait bien plus souvent sans raison particulière et quels que soient ses rapports avec sa partenaire. Tel un élastique, il va d’abord prendre de la distance, puis revenir sur lui-même.
Il s’isole pour satisfaire un besoin d’indépendance ou d’autonomie. Mais quand il arrive à la limite de son éloignement, son envie d’amour et d’intimité renait tout à coup et avec elle le désir de reprendre contact avec celle qu’il aime. Leur relation redémarrera au même niveau d’intimité qu’au moment de son départ, il n’a donc pas de besoin d’une période de réintégration ou de rattrapage.

Lorsqu’il est bien compris, ce cycle de l’intimité masculine peut enrichir une relation mais, étant donné qu’il est fréquemment mal interprété, il est en fait souvent la source de problèmes inutiles…..

Ne pas saisir ou ne pas accepter cette dissimilitude essentielle génère des frictions au sein du couple.

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