Saint Valentin … Toi

Mes lèvres ne peuvent plus s’ouvrir

que pour dire ton nom

baiser ta bouche

te devenir en te cherchant.

Tu es au bout de chacun de mes mots

tu les emplis, les brûles, les vides.

Te voici en eux

tu es ma salive et ma bouche

et mon silence même est crispé de toi.

Je me couche dans la poussière, les yeux fermés

La nuit sera totale, tant que l’aube

Et le grand jour de ta chair

Ne passeront pas au-dessus de moi

Comme un vol de soleils.

 

Alain Borne

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Saint Valentin … soif d’Amour

Comme une ville qui s’allume
Et que le vent vient embraser,
Tout mon cœur brûle et se consume,
J’ai soif, oh ! j’ai soif d’un baiser.

 

Baiser de la bouche et des lèvres
Où notre amour vient se poser,
Pleins de délices et de fièvres,
Ah ! j’ai soif d’un baiser !

 

Baiser multiplié que l’homme
Ne pourra jamais épuiser,
O toi, que tout mon être nomme,
J’ai soif, oui d’un baiser.

 

Fruit doux où la lèvre s’amuse,
Beau fruit qui rit de s’écraser,
Qu’il se donne ou qu’il se refuse,
Je veux vivre pour ce baiser.

 

Baiser d’amour qui règne et sonne
Au cœur battant à se briser,
Qu’il se refuse ou qu’il donne
Je veux mourir de ce baiser.

 

(Germain Nouveau 1851-1920)

(Valentines)


 

Saint Valentin … sans Lui

 

J’ai froid dans ton absence,

Je m’anémie de toi quand ma peau te réclame,

Quand s’engourdit mon corps alvéolé d’angoisses,

Quand me brûle la flamme qui doucement s’éteint …

 

J’ai faim de tous tes mots, de tes rires en éclats

Jouant à se mêler sur ma nuque vaincue,

Frôlements chauds et tendres papillons de miel

Me frissonnant le dos jusqu’au bas de mes reins …

 

J’ai peur dans ton silence qui habille mes nuits,

Quand je me veux impure, quand je me veux soumise,

Quand j’imagine encore le bonheur dans ce cri

Et que je tue mon cœur au bord de mon amour …

 

J’ai mal de ce désir usé de renaissances,

De ces draps trop froissés par ma main qui te cherche,

De cette agonie lente pour effacer ton nom,

Essayer d’oublier, ne plus me souvenir …

 

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Saint Valentin…Jour des Baisers

 

J’ai peur d’un baiser
Comme d’une abeille
Je souffre et je veille
Sans me reposer :
J’ai peur d’un baiser !

 

C’est Saint Valentin !
Je dois et je n’ose
Lui dire au matin …
La terrible chose
Que Saint Valentin

 

Elle m’est promise,
Fort heureusement !
Mais quelle entreprise
Que d’être amant
Près d’une promise !

 

J’ai peur d’un baiser
Comme d’une abeille
Je souffre et je veille
Sans me reposer :
J’ai peur d’un baiser !

 

Paul Verlaine


Saint Valentin … Bonheur d’Aimer

La nuit me parle de toi

elle ne me donne pas de rêves

pleins de femmes transparentes

mais elle m’apporte ton image

afin que ton absence

ne m’étrangle pas tout à fait.

Elle voit avec scandale

que je n’ai pas ton corps dans mes bras

et elle allonge près de moi

le fantôme de ta peau.

Elle me dit

qu’à force de t’aimer tu m’aimeras

et qu’ainsi cessera ma longue insomnie

sur ta présence réelle

et sur ton vrai sang.

Il le faut

Il  le faut

il le faudra un jour

Nous saurons inventer

Tout sera pur comme l’hiver

Personne n’aura su avant nous.

Nos craintes seront plus douces qu’une ombre blanche.

Ce sera comme si nous avions invité

d’invisibles colombes

à voler avec nous.

Ce sera comme si nous habitions le feu de leurs ailes

avant de ne plus savoir

qui nous sommes l’un de l’autre.

Alain Borne

Saint Valentin … jour d’Amour

Je t’aime pour toutes les femmes

Que je n’ai pas connues

Je t’aime pour tout le temps

Où je n’ai pas vécu

Pour l’odeur du grand large

Et l’odeur du pain chaud

Pour la neige qui fond

Pour les premières fleurs

Pour les animaux purs

Que l’homme n’effraie pas

Je t’aime pour aimer

Je t’aime pour toutes les femmes

Que je n’aime pas

Qui me reflète sinon toi-même

Je me vois si peu

Sans toi je ne vois rien

Qu’une étendue déserte

Entre autrefois et aujourd’hui

Il y a eu toutes ces morts

Que j’ai franchies

Sur de la paille

Je n’ai pas pu percer

Le mur de mon miroir

Il m’a fallu apprendre

Mot par mot la vie

Comme on oublie

Je t’aime pour ta sagesse

Qui n’est pas la mienne

Pour la santé je t’aime

Contre tout ce qui n’est qu’illusion

Pour ce cœur immortel

Que je ne détiens pas

Que tu crois être le doute

Et tu n’es que raison

Tu es le grand soleil

Qui me monte à la tête

Quand je suis sûr de moi

Quand je suis sûr de moi

Tu es le grand soleil

Qui me monte à la tête

Quand je suis sûr de moi

Quand je suis sûr de moi

Paul Eluard

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