Pour le Fun …

J’ai reçu un texte pour mes Turlupinades

bien après la clôture,

Je l’ai trouvé beau,

L’illustration également.

Je vous le donne à lire

 

Sous les poutres du grenier, dans un lit de poussière,

Sous la lucarne, près de la malle aux vieilles armes,

Il était posé là, à même le sol,

Noué d’un ruban fané rouge grenat,

Le grand carton

Marqué de son prénom

« Lola »

Je me souvins alors, c’était le  printemps,

Il y a bien longtemps,

Il faisait froid dehors…

Les souvenirs reviennent sur ma mémoire usée

d’avoir essayé de l’oublier…

« Je m’appelle Lola, j’ai 15 ans, et toi…

Je suis ta voisine, tu me plais beaucoup.

Un tourbillon est entré dans ma vie bien sage,

un brin de folie qui me fascinait.

Sous le regard sévère de mes parents,

la révolte grondait en moi.

La liberté m’ouvrait ses bras, le regard si bleu de Lola,

ses rires, ses pleurs, ses soupirs, ses colères,

je devenais amoureuse…

Dans ces années là c’était interdit,

Lola me regardait et savait.

Un soir d’été sur le bord du lac,

ses lèvres ont touchées les miennes.

Mon premier baiser,

celui qui est sale, qui est mal vu de la bonne société.

Et pourtant si innocent dans sa candeur,

si doux, comme les ailes d’un papillon.

Nous avions seize ans…

C’était notre secret,

celui qui faisait que nous étions liées à jamais.

Nos dix huit ans,

les hommes ne pouvaient rester indifférents aux formes

de Lola qui en jouait si bien!

La jalousie m’a brûlée au cœur,

la douleur aussi.

Je sentais son éloignement, alors j’ai accepté le fiancé

que m’ont présentée mes parents.

Je sais ce qu’il y a dans le carton.

Mes mains déformées

forcent  le nœud du ruban rouge grenat.

Le couvercle est tombé.

Des dizaines de lettres me demandant pardon,

les photos de deux jeunes filles,

chevelures brune et blonde emmêlées,

riants aux éclats main dans la main

Soixante ans déjà,

la douleur est revenue, ce pincement à la poitrine.

Le regard de Lola me disant:

« ne l’épouse pas, je t’aime, pardon ».

Idiote que j’étais!

Ma fierté avant tout!

Les larmes coulent sur mes joues

Lola me fixant dans ma robe blanche, sous mon voile,

je ne l’ai pas regardée!

Sa main a effleuré mon épaule comme un message,

elle est partieau moment où j’ai prononcé mon oui

devant Dieu et les hommes.

Le grand lac l’a accueillie,

elle qui disait que même en été il était toujours froid.

Lola ma blessure, mon amour, ma défaite aussi

Mon regard s’éparpille dans le vieux grenier,

doucement je repose le carton,

Est-ce le vent qui a frôlé ma joue ou les doigts de Lola…

L’amour traverse le temps,

un jour ailleurs,

Lola….

 

L’auteur est Magalie

 

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