Louis Le Cardonnel

L’abbé Louis Le Cardonnel,

en religion Frère Anselme,

né le 22 février 1862 à Valence

mort le 28 mai 1936 à Avignon,

est un poète français.

 

 

Il fit ses études à Valence, à l’Institution Notre-Dame.

Dans une prosodie de facture classique,

l’abbé Le Cardonnel chantait des sujets religieux,

voire liturgiques,

en s’inspirant du Bréviaire et du Pontifical.

Ses vers rappellent souvent ceux de Lamartine et de Musset.

Il fut un ami de Paul Verlaine, de Louis Denise et de Hugues Rebell.

Membre du groupe « Nous autres » en 1884,

il fréquenta les milieux symbolistes aux côtés dÉdouard Dubus,

Charles Morice et Adolphe Retté.

À partir de 1894,

il songe à une vie religieuse et se distancie de ses amis.

Il est ordonné prêtre en 1896.

Le Cardonnel avait collaboré

à plusieurs journaux littéraires de l’époque

tels que La Plume, Scapin, La Vogue, L’Ermitage

et le Mercure de France.

Quelques années plus tard,

il fut l’un des collaborateurs

de la Revue critique des idées et des livres

de Jean Rivain et Eugène Marsan.

Par la suite,

il poursuivit sa publication de recueils de poésies chrétiennes.

Sur ses vieux jours,

il fut recueilli au Palais du Roure,

à Avignon,

par sa compatriote valentinoise Jeanne de Flandreysy,

écrivain, érudite et ardent défenseur,

avec le marquis Folco de Baroncelli,

de l’univers félibrige.

Il y vécut sereinement ses dernières années,

y rencontrant tout ce que la Provence comptait alors de célébrités.


Œuvres

Poèmes (1904)

  • Carmina Sacra (1912)

  • Du Rhône à l’Arno (1920)

  • De l’une à l’autre aurore (1924)

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Le Piano

Sur le clavier sanglote une dolente phrase,
Dans la maison la plus triste du quai désert ;
Lourde l’eau, bas le ciel où le couchant s’écrase.

 

Phrase lente, elle conte une longue misère :
C’est un De profundis qui ne croit pas en Dieu,
Et supplie, en sachant le néant dans son vœu.

Et l’on sent, reflétée en sa monotonie,
La monotone horreur de ce vide infini.

Monotones les jours de celle-là qui joue,
Et que l’amour n’a pas assez de ciel comblée,
Ou qui, peut-être, songe à quelqu’un d’exilé
Là-bas, sur quelque mer monotone, ou mort fou
Des mépris expiés par celle-là qui joue.

 

Ah ! dans cette maison triste du quai désert,
C’est le Miserere de toute sa misère,
Au milieu d’un désert qui n’aura pas de manne,
Et que traversera seule, écho de Schumann,
Et que remplira seule, à jamais cette phrase,
Morne comme le ciel où le couchant s’écrase !

Louis Le Cardonnel (1862-1936)

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