A mon Âme

Prendre mon âme entre mes mains,

La caresser de mots ,lui faire du bien,

Lui dire que sa blessure n’est rien …

Rien qu’une égratignure, une griffure sur parchemin .

Lui dire combien ses larmes ne servent à rien,

Lui montrer son chemin.

Lui parler de plus tard, lui conter ses  « demain » …

Lui dire qu’elle est beauté, qu’elle a les qualités

Et la convaincre enfin de l’authenticité.

Lui parler jusqu’à l’aube,

Lui frissonner des mots pour endormir sa peine,

Lui dire que l’importance n’est pas dans un « Je t’aime »

Et lui montrer le ciel pour en faire son emblème !

Lui dire que dans ses larmes

Son chagrin se nourrit, et son sourire se fane.

Lui dire que nul au monde

Ne peut s’enorgueillir d’être dans son état,

Lui dire encore qu’elle est un vrai trésor,

D’amour, de compassion et que son cœur est d’or.

Lui avouer que je l’aime,

Qu’elle embrase mon corps,

Qu’elle me transmet sa peine,

Que je veux la guérir de cette déchirure,

La faire renaitre enfin

Dans une autre écriture.

Lui dire qu’elle me réponde,

Qu’elle dise qu’elle m’entend,

Qu’elle comprenne mon chant,

Que mes mots sur sa peine

Soulagent sa douleur

Et qu’elle va fuir ses peurs

Pour que son crépuscule épouse mon aurore

Et que notre horizon

Oublie toute passion…


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Albert Samain


Albert Samain, né à Lille le 3 avril 1858 , mort à Magny-les-Hameaux le 18 août 1900, est un poète symboliste français.

Son père étant décédé alors qu’il n’a que 14 ans, il doit interrompre ses études pour gagner sa vie et devient employé de commerce. Vers 1880, il est envoyé à Paris, où il décide de rester. Il trouve un emploi de commis à l’Hôtel de ville, et il est bientôt rejoint par sa famille.

Depuis longtemps attiré par la poésie, il fréquente les cercles à la mode, tels que les Hirsutes et les Hydropathes, et commence à réciter ses poèmes aux soirées du Chat noir. Il participe à un cercle littéraire qui réunit quelques amis (dont Antony Mars, Alfred Valette et Victor Forbin) dans une arrière boutique de la rue Monsieur-le-Prince.

Au début des années 1890, fortement influencé par Baudelaire, il évolue vers une poésie plus élégiaque. En 1893, la publication du recueil Au jardin de l’Infante lui vaut un succès immédiat. La perfection de la forme alliée à une veine mélancolique et recueillie caractérise un art d’une sensibilité extrême. Les poésies de Samain sont réimprimées un nombre considérable de fois jusque dans les années 1930. De nombreux musiciens composent des mélodies sur ses textes, parmi lesquelles plusieurs chefs-d’œuvre, comme « Arpège » de Gabriel Fauré. Il collabore notamment au Mercure de France, à la fondation duquel il a participé, et à La Revue des Deux Mondes.

Du point de vue des formes poétiques, un de ses apports majeurs est l’invention d’un genre de sonnet à quinze vers.

Œuvres

Vers d’Albert Samain
(Jardin des Poètes, Paris).

Poésie

  • Au jardin de l’Infante (1893)

  • Au jardin de l’Infante édition augmentée (1897)

  • Aux flancs du vase (1898), illustré de gravures en couleurs par Gaston La Touche

  • Le Chariot d’or. Symphonie héroïque (1900)

  • Aux flancs du vase, suivi de Polyphème et de Poèmes inachevés (1902)

  • Contes. Xanthis. Divine Bontemps. Hyalis. Rovère et Angisèle (1902) 

  • Polyphème, comédie en 2 actes, (1904). Paris, Théâtre de l’Œuvre, 10 mai 1904.

  • Hyalis, le petit faune aux yeux bleus (1909)

  • Œuvres d’Albert Samain. I. Au jardin de l’infante. Augmenté de plusieurs poèmes (1924)

  • Œuvres d’Albert Samain. II. Le Chariot d’or ; Symphonie héroïque ; Aux flancs du vase (1924) 

  • Œuvres d’Albert Samain. III. Contes ; Polyphème ; Poèmes inachevés (1924)

  • Œuvres choisies. Préface de Francis Jammes. Portrait d’Albert Samain sur son lit de mort, par Eugène Carrière, deux autres portraits en phototypie. En appendice : Lettre de Stéphane Mallarmé reproduite en fac-similé. Poésies de Louis Le Cardonnel, Charles Guérin. Textes de Remy de Gourmont, Louis Denise, Adolphe Van Bever et Paul Léautaud. Bibliographie complète. Édition du manuscrit (1928)

  • Poèmes pour la grande amie. Introduction et notes par Jules Mouquet (1943)

Correspondance et carnets

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