Je fais une petite Pause , mais avant …

Je vous envoie mille baisers de mon coeur pour vous souhaiter 

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La Gourmandise ……vous connaissez ???

Plus têtue que moi …tu meurs !!!!

J’ai trouvé un autre moyen de vous montrer…

A mettre en plein écran ….

ici

Désirs…

Le rêve pour les uns serait d’avoir des ailes,
De monter dans l’espace en poussant de grands cris,
De prendre entre leurs doigts les souples hirondelles,
Et de se perdre, au soir, dans les cieux assombris.

D’autres voudraient pouvoir écraser des poitrines
En refermant dessus leurs deux bras écartés ;
Et, sans ployer des reins, les prenant aux narines,
Arrêter d’un seul coup les chevaux emportés.

Moi ; ce que j’aimerais, c’est la beauté charnelle :
Je voudrais être beau comme les anciens dieux,
Et qu’il restât aux coeurs une flamme éternelle
Au lointain souvenir de mon corps radieux.

Je voudrais que pour moi nulle ne restât sage,
Choisir l’une aujourd’hui, prendre l’autre demain ;
Car j’aimerais cueillir l’amour sur mon passage,
Comme on cueille des fruits en étendant la main.

Ils ont, en y mordant, des saveurs différentes ;
Ces arômes divers nous les rendent plus doux.
J’aimerais promener mes caresses errantes
Des fronts en cheveux noirs aux fronts en cheveux roux.

J’adorerais surtout les rencontres des rues,
Ces ardeurs de la chair que déchaîne un regard,
Les conquêtes d’une heure aussitôt disparues,
Les baisers échangés au seul gré du hasard.

Je voudrais au matin voir s’éveiller la brune
Qui vous tient étranglé dans l’étau de ses bras ;
Et, le soir, écouter le mot que dit tout bas
La blonde dont le front s’argente au clair de lune.

Puis, sans un trouble au coeur, sans un regret mordant,
Partir d’un pied léger vers une autre chimère.
– Il faut dans ces fruits-là ne mettre que la dent :
On trouverait au fond une saveur amère.

Guy de Maupassant

Pour les inconditionnels du Conte …

 


Il était une fois un directeur qui n’avait jamais le temps de rien faire,

même de travailler.

Lorsqu’on lui demandait quelque chose,

il répondait toujours qu’il n’avait pas le temps.

Qu’il était vraiment désolé,

mais qu’il n’avait pas le temps.

Les journées auraient dû être d’au moins 48 heures…

Et même, cela aurait-il vraiment suffi?

Il n’en était pas si sûr.

Et lorsque ses journées étaient passées,

il était bien incapable de dire ce qu’il avait fait,

puisque le tas de lettres qu’il avait sur la table

était toujours aussi haut que le matin même.

Disons qu’il avait passé son temps à diriger,

discuter, téléphoné, voyagé…

 

Il était une fois une mère de famille qui n’avait pas le temps,

vraiment pas le temps du tout.

Et elle disait à ses amies, à sa famille lointaine

qu’elle ne comprenait pas que le temps passe si vite.

« Les semaines passent si rapidement.

Si seulement elles avaient plus de 7 jours ».

La mère de famille passait son temps à ranger,

faire la lessive, faire des courses, la vaisselle,

la cuisine et le soir, elle travaillait encore.

Ouf…

 

Il était une fois un médecin qui n’avait pas le temps.

Toujours à courir d’un malade à l’autre.

Surtout que les malades, eux, ils ne font pas de pause!

Ils sont malades même les jours de fête, même la nuit.

Quelle idée!

 

Il était une fois un ingénieur, une secrétaire, un éboueur…

qui n’avaient pas le temps.

Il était une fois un enfant qui n’avait pas le temps de jouer.

 

Pourtant, au milieu de ce monde de folie,

ce monde où le temps semble manquer à tout un chacun,

il y avait un petit homme,

un seul petit homme qui avait toujours tout son temps.

Il habitait tout en haut d’un grand immeuble de huit étages.

Plusieurs fois par jour,

il montait et descendait à pied les escaliers,

parce qu’il avait le temps.

Comme tout le monde, il avait son travail,

ses occupations et ses préoccupations.

Il avait une femme et quatre enfants qui eux

n’avaient jamais le temps.

Ce petit homme s’appelait Zébulon.

 

Zébulon avait non seulement le temps,

mais il avait toujours l’air d’avoir le temps.

Entouré de gens qui n’avaient jamais le temps,

il se faisait sans cesse bousculer par eux :

–       Puisque vous avez le temps,

vous ne pourriez pas aller à la poste pour moi ?

demandait son collègue.

–       Puisque tu as l’air de n’avoir rien à faire,

tu pourrais faire à manger, faire la vaisselle, faire les commissions …

demandait sa femme.

–       Tu ne pourrais pas m’expliquer mes devoirs de math,

demandait l’un de ses enfants, puisque tu as le temps.

 

Et puis le second, le troisième et le quatrième enfant avaient,

eux aussi, quelque chose à demander.

L’un avait quelque chose à réparer,

l’autre avait besoin de son aide pour des devoirs de géographie,

et ainsi de suite.

L’homme,

tranquille, toujours souriant,

courait de l’un à l’autre pour tous les satisfaire,

il avait toujours le temps pour tout le monde.

Il lui en restait même un peu pour lui.

C’était comme si son temps à lui

n’était pas le même que celui des autres,

comme s’il était extensible à volonté

ou du moins n’avait pas de prise sur Zébulon.

 

Le petit homme avait d’ailleurs de la peine à comprendre

lorsque les autres lui disaient « je n’ai pas le temps ».

Parfois, Zébulon tentait d’argumenter, de poser des questions:

« Comment est-il possible que tu n’aies jamais le temps ».

Mais son interlocuteur était déjà loin,

et jamais Zébulon ne parvenait à discuter

avec l’un ou l’autre de ces orphelins du temps.

 

Si Zébulon avait toujours le temps,

du temps à consacrer aux autres,

il n’en était pas moins fatigué,

car personne n’avait de temps pour lui.

Et personne n’avait remarqué non plus qu’il avait toujours le temps.

Personne ne réalisait qu’il en faisait bien plus que tous les autres.

C’est ainsi que le jour de Noël,

alors qu’il décorait le sapin tout en mettant la table,

il tomba dans un fauteuil, amorphe,

et ne se releva plus.

Sa femme se mit à tempêter.

Son mari ne réagit pas.

Ses enfants hurlèrent.

Zébulon ne sourcilla pas.

L’épouse dut préparer le dîner de Noël,

mettre la table, ranger la maison…

Tout cela avec rage, sans réaliser

que son époux ne bougeait toujours pas.

Quant aux enfants,

ils durent se passer de l’aide de leur père,

homme à tout faire,

sans remarquer que leur père était resté figé dans son fauteuil.

 

Ce n’est que lorsque les invités arrivèrent,

que la femme et les enfants s’aperçurent que Zébulon,

devenu statue de chair,

était resté assis dans la même position depuis des heures.

 

C’est alors que l’épouse s’est inquiétée.

C’est alors que les enfants se sont précipités

vers ce père qui leur était si cher.

Tous se sont agenouillés devant le petit homme inconscient.

Ils lui ont pris les mains qu’il avait froides.

Ils ont tenté de le réchauffer, avec amour.

Les invités étaient là, debout à la porte.

Mais tout cela n’avait plus d’importance.

Tant pis si le repas refroidissait.

Tant pis si les invités s’en allaient sans avoir mangé.

Tant pis si les cadeaux sous le sapin n’étaient pas ouverts.

Plus rien ne comptait d’autre que le petit homme

qui ne voulait pas bouger.

La femme alla chercher une couverture,

les enfants allèrent chercher des oreillers,

une chaise pour poser ses pieds.

L’épouse caressait doucement la tête de l’époux

et lui disait des mots doux.

Les enfants serraient ses mains dans les leurs.

C’était comme si tout le temps du monde

était concentré sur cet homme.

 

C’était lui le maître du temps,

et il avait,

sans le vouloir,

offert un peu de ce temps à sa famille.

Pour la première fois, son épouse et ses enfants avaient le temps,

du temps pour lui.

Les invités partirent sans avoir mangé,

les bougies s’éteignirent sur le sapin,

mais femme et enfants étaient toujours agglutinés autour de Zébulon.

 

Quand le petit homme sortit de sa torpeur,

réchauffé par tant d’amour,

il fut très étonné de voir autour de lui toute sa famille endormie.

Il bougea ses membres ankylosés d’être restés si longtemps immobiles.

Ces mouvements réveillèrent tout son petit monde

qui sauta au cou du petit homme, soulagé.

 

C’est ainsi qu’en plein milieu de la nuit,

tous en ensemble,

ils s’assirent autour de la table pour manger un repas froid

– ô combien chaud à leur coeur –

tandis que de nouvelles bougies éclairaient le sapin et les cadeaux.

C’est ainsi qu’en ce jour de Noël,

Zébulon fit don du temps à sa famille.

 

Et dès ce moment,

aucun d’eux ne manqua plus jamais de temps pour les autres.

Car le temps,

c’est un peu d’amour et cela,

la mère et les enfants l’avaient enfin compris.

 

Conte imaginé et écrit par Sylvie Guggenheim

Encore un poème de Lucie…

Si vous aimez encore une petite âme
Que vous avez eue en mains au temps passé,

Qui n’était alors qu’un embryon de femme

Mais dont le regard était déjà lassé,

Si vous aimez encore une petite âme,

Laissez-la quelquefois revenir encor

A vous, que charmaient ses yeux mélancoliques.

Vous vouliez, songeant déjà sa bonne mort,

La refaçonner dans vos doigts catholiques,

Laissez-la quelquefois revenir encor.

Elle n’est pas devenue une chrétienne,

Elle est même à présent, comme qui dirait,

Sans foi, sans loi, ni joie, une âme païenne

Des temps de décadence où tout s’effondrait.

Elle n’est pas devenue une chrétienne.

Sa fantaisie a la bride sur le cou.

C’est un bel hippogriffe qu’elle chevauche,

Qui de terre en ciel la promène partout

Sans plus s’arrêter au bien qu’à la débauche.

Sa fantaisie a la bride sur le cou.

Elle a l’œil triste et la bouche taciturne

Et quoique parfois ses essors soient très beaux,

Comme elle a bu le temps présent à pleine urne,

Elle se meurt de spleen, lambeaux par lambeaux.

Elle a l’œil triste et la bouche taciturne.

Son dos jeune a le poids du siècle à porter

Comme une mauvaise croix, sans coeur d’apôtre

Et sans assomption future à monter.

Voilà ce qu’elle est devenue et rien d’autre.

Son dos jeune a le poids du siècle à porter.

Mais le souvenir parmi d’autres lui reste

De vos mains qui la soignaient comme une fleur;

Et si vous vouliez lui rendre votre geste,

Elle pleurerait son mal sur votre cœur,

Car le souvenir parmi d’autres lui reste.

Laissez-la quelquefois revenir encor

A vous, que charmaient ses yeux mélancoliques.

Vous vouliez, songeant déjà sa bonne mort,

La refaçonner dans vos doigts catholiques,

Laissez-la quelquefois revenir encor.

Lucie Delarue-Mardrus (1874 – 1945)

Encore un conte …

Il était une fois des étoiles,

des milliards d’étoiles qui brillaient dans la nuit.

 

Chaque soir,

ils étaient des centaines de milliers à les admirer.

Un jour pourtant,

hommes et bêtes cessèrent de les contempler.

Ils avaient bien trop à faire…

 

Les dieux fâchés décidèrent alors d’un commun accord

de châtier l’humanité pour son dédain de la beauté céleste.

Désormais,

à chaque jour qui passait,

une centaine d’étoiles s’éteindraient,

et avec elles,

l’espoir d’une naissance humaine,

si les hommes poursuivaient sur la voie de l’indifférence.

 

Plusieurs centaines d’années passèrent

sans que personne ne remarque rien.

Il y avait tellement d’étoiles

que nul ne pouvait rien deviner du dessein divin.

Lorsqu’il ne resta plus que cent de ces astres,

les dieux ne les firent s’éteindre qu’une par une…

mais aucun être humain ne s’aperçut de rien.

Pourtant,

la terre s’était considérablement dépeuplée…

et à présent,

il n’y avait plus un seul cri d’enfants depuis fort longtemps.

Ce n’est que trois jours avant la fin du monde

qu’un vieillard, las de la vie,

leva les yeux au ciel pour se plaindre à Dieu d’être trop vieux…

C’était le premier être humain à s’être enfin arrêté

pour contempler le ciel après des milliers d’années d’indifférence…

 

Subjugué,

il vit alors les trois étoiles danser une ronde folle,

changeant de couleurs à tout instant.

A elles trois,

elles réussissaient à peupler le ciel d’une infinité de diamants lumineux.

Cette nuit-là,

les quelques vieillards qui peuplaient encore la planète

contemplèrent la danse des étoiles

et aucun d’eux ne s’endormit.

Lorsqu’enfin elles se calmèrent,

elles se rassemblèrent,

se soudant l’une à l’autre,

et montrèrent le chemin du premier enfant des étoiles.

 

Dans une crèche, paraît-il, entre un bœuf et un âne…

 

La vraie histoire du père Noël…

 

 

L’origine du Père Noël

Le Père Noël aurait pour origine Saint Nicolas. On retrouve dans sa représentation toute la symbolique de St Nicolas (barbe blanche, manteau rouge…).
Le père Noël voyage dans un traîneau tiré par des rennes, Saint Nicolas voyageait sur le dos d’un âne. Malgré la réforme protestante du XVIe siècle qui supprima la fête de St Nicolas dans des pays d’Europe, les Hollandais gardèrent leur Sinter Klaas (nom hollandais pour Saint Nicolas) et sa distribution de jouets.

Lorsqu’ils s’installèrent aux États-Unis, Sinter Klass devint Santa Claus. Santa Claus subit des transformations vestimentaires et culturelles pour se transformer en un Père Noël plus convivial.

Clement Clarke MOORE

 

Clement Clarke MOORE écrivit en 1821 un conte de Noël pour ses enfants intitulé « The night before Christmas » (La nuit d’avant Noël ) dans lequel le Père Noël apparaît dans son traîneau tiré par des rennes.

Ce même auteur rédigea un texte intitulé « A Visit From St Nicholas » (la visite de St Nicolas) qui parut dans le journal « Sentinel » de New York le 23 décembre 1823. Ce texte parlait de lutins qui distribuaient des cadeaux aux enfants par la cheminée et se dépaçaient dans une carriole tirée par 8 rennes (répondant aux noms de Blitzen, Dasher, Dancer, Comet, Cupid, Donder, Prancer et Vixen).

Un neuvième renne fut rajouté en 1939 : Rudolf, qui fut chargé d’éclairer le chemin du père Noël grâce à son « nez rouge lumineux ». Le récit fut traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier.

La ‘naissance’ du Père Noël

En 1863 « Harper’s Illustrated weekly », le journal New-Yorkais, rêva Santa Claus d’un costume garni de fourrure blanche et portant un large ceinturon de cuir. Le dessinateur Thomas NAST en fut l’auteur.
Pendant près de 30 ans, Thomas NAST représenta, dans ce journal, Santa Claus ventru et jovial, à la barbe blanche et accompagné de rennes.

C’est en 1885 que l’illustrateur de ce journal dessina le parcours du Santa Claus qui va du pôle Nord aux Etats-Unis; sa résidence était ainsi officiellement établie …
Un an plus tard, l’écrivain Georges P. WEBSTER précisa que la manufacture de jouets ainsi que la maison du père Noël « étaient cachées dans la glace et la neige du Pôle Nord » confirmant par cette affirmation les dessins de NAST.

Il aura fallu attendre 1931 … et Coca Cola !

La firme Américaine a eu le génie de demander à Haddon SUNDBLOM de dessiner ce vieux bonhomme (dont la renommée grandissait la-bàs) en train de boire du Coca Cola pour reprendre des forces pendant la distribution de jouets. Ainsi les enfants seraient incités à en boire durant l’hiver.

Le dessinateur l’habilla aux couleurs de la célèbre bouteille de Coca Cola : rouge et blanc. Ce nouveau look et la renommée que lui valut la publicité, firent du vieux bonhomme le maître planétaire de la nuit magique, le Père Noël.

Il y eu bien quelques mouvements de protestation de la part des Catholiques contre cette envahissante popularité, la nuit du 24 au 25 décembre étant à l’origine celle de l’enfant Jésus. Certaines manifestations allèrent même jusqu’à brûler l’effigie du Père Noël, mais tout rentra dans l’ordre au fil du temps.

– Noël vu par Coca-Cola – (Haddon SUNDBLOM – 1964) –

Quoiqu’il en soit, l’arrivée du Père Noël reste magique pour tous et symbolise tout notre attachement à notre famille et à nos proches …

Un lien d’affection en quelque sorte .

Encore un joli conte …

 

Tous les jours de sa pauvre vie,

la vieille dame avait souri.

Elle avait souri aux gens de passage,

elle avait souri aux voisins,

aux commerçants,

aux enfants

et aux passants.

 

Chacun avait eu droit à ses sourires, sans exception.

Elle n’épargnait pas non plus les animaux

qu’elle gratifiait d’une caresse et d’un mot amical.

 

Avait-elle donc toujours été vieille?

Personne ne se souvenait d’elle, jeune.

Mais son sourire,

ses yeux qui brillaient de bonté,

d’une certaine malice,

avaient, eux, toujours été jeunes,

tandis que sa vieillesse ne semblait jamais vieillir.

Toujours le même nombre de rides sur ce visage fripé,

le même nombre de taches brunes sur des mains

qui avaient beaucoup servi.

 

Depuis longtemps,

elle n’avait plus de famille.

Elle vivait seule,

n’avait pas voulu de chien ou de chat,

de peur qu’on les laissât dépérir après sa mort…

Elle les aimait trop.

Elle n’avait pas d’ami,

non qu’elle n’eût pas les qualités requises pour se lier d’amitié…

non, elle était tout simplement immensément vieille

et seule dans sa petite chambre au quatrième étage

d’un immeuble presque aussi vieux qu’elle.

 

Chaque jour,

elle montait bravement ses quatre étages à pied et personne,

même dans l’immeuble, ne connaissait son nom…

Personne n’avait eu la curiosité de se pencher sur sa boîte aux lettres

ou de simplement regarder sur la porte pour voir comment elle s’appelait.

Si d’aventure, l’une d’elles s’y était intéressée,

elle aurait eu la surprise de n’y voir figurer ni nom, ni prénom.

Le facteur ne s’était jamais préoccupé de savoir pourquoi

il y avait une boîte aux lettres qui ne portait pas de nom.

Cette femme était si vieille et si discrète que même

l’administration ne pensait plus à elle,

la croyant morte sans doute.

 

Elle vivait certes de peu.

Avait-elle réussi à économiser au cours de sa vie?

Peut-être.

Elle était frêle et ne mangeait pas beaucoup.

Ses quelques restes,

elle les donnait aux chats des rues, aux chiens parfois.

Il était rare qu’elle parle.

A l’épicerie, aux voisins,

elle se contentait d’un « bonjour » tremblotant mais charmant.

Et elle avait toujours l’air étonné

lorsque quelqu’un répondait.

En fait, tout le monde la saluait,

mais elle ne réalisait pas vraiment la présence des autres.

Comme si elle était déconnectée d’un monde

qui devait lui être totalement étranger.

Elle n’avait aucune idée de ce que l’on pensait d’elle.

Elle n’y songeait pas,

ayant décidé une fois pour toutes qu’elle était insignifiante.

Elle ne voulait déranger personne et vivait simplement,

comme elle le pouvait.

« La santé, c’est l’essentiel », se disait-elle souvent.

Et puis,

elle avait ses plantes qui proliféraient sur le rebord de sa fenêtre.

Des fleurs vives cascadant le long du mur,

contrastant avec la vie austère que le destin

– ou elle-même – lui avait imposée.

Comme elle les aimait, ses plantes, les choyait…

et à elles aussi, elle souriait.

 

Et puis ce matin, à la veille de Noël,

la petite vieille se sent fatiguée, si fatiguée,

qu’elle n’a pas la force de sortir de son lit.

Dieu sait qu’elle aurait voulu descendre,

aller juste au coin de la rue,

là où l’on vend les sapins de Noël…

Chaque année au même moment,

elle fait son sapin de Noël qu’elle décore avec amour.

Elle le place sur le rebord de la fenêtre à la place des fleurs,

qui pour quelques jours trônent sur la table de la cuisine.

Avant de les déplacer,

la vieille s’excuse toujours auprès de ses amies,

leur explique que le jour de Noël,

il faut un sapin et des bougies,

que bientôt, elles retrouveront leur place.


Mais ce jour-là,

les fleurs sont restées à leur place,

le sapin n’est pas apparu sur le rebord de la fenêtre.

Le long des joues de la vieille femme coulent des larmes de fatigue infinie,

de cette fatigue que la vie ne vous épargne pas,

de la fatigue de ses quatre étages qu’il lui fallait toujours grimper.

Elle pleure, elle pleure, la vieille dame.

Elle pleure son sapin de couleurs

et non la vie qui veut la quitter.

Ce sapin de joie.

Et pour la première fois de sa vie,

elle regrette de ne pas avoir d’ami ou de famille,

elle regrette d’avoir traversé la vie comme une inconnue

ou plutôt comme une invisible.

Car ne sommes-nous pas tous des inconnus?

 

Tout au long du jour, ses larmes ne tarissent pas

et sillonnent son visage de nouvelles rides.

Le soir vient,

ses forces ne sont pas revenues.

Alors de toute son âme,

elle prie le ciel de lui permettre un dernier sourire avant de la ravir.

Sa tête retombe sur l’oreiller,

ses larmes s’assèchent un peu,

elle somnole un moment,

mais ses yeux ne se ferment qu’à demi.

Elle sait que si elle s’endort vraiment,

elle ne se réveillera plus.

Et elle veut attendre encore un peu.

Voir de son lit ses fleurs sur la fenêtre

avant que la nuit soit complètement obscure.

Alors seulement, elle dira adieu à la terre.

 

Et puis au moment où elle s’apprête à fermer les yeux,

elle entend frapper à la porte de sa chambre.

Jamais personne n’est venu chez elle auparavant.

Malgré sa faiblesse,

elle réussit à murmurer un oui tremblotant à peine audible.

La porte s’ouvre sur une trentaine de personnes,

des enfants et des plus âgés,

des jeunes et des moins jeunes.

La vieille femme ouvre de grands yeux effarés.

Trois hommes costaux transportent un énorme sapin de Noël

tout décoré qu’ils vont placer devant la fenêtre à la place des fleurs.

La vieille n’a jamais eu de sa vie d’arbre de Noël aussi grand.

De son lit,

il lui paraît gigantesque.

Elle contemple ses visites, les reconnaît toutes.

Ses voisins sont là au grand complet, ceux de l’immeuble,

ceux qui habitent en face, les commerçants du quartier,

même des passants se sont arrêtés et ont grimpé les quatre étages à pieds.

La plupart sont agglutinés dans la cage d’escalier,

la chambre étant trop petite pour contenir tout ce monde.

Chacun attend son tour pour venir saluer la vieille

et recevoir son dernier sourire de bénédiction.

 

Les larmes se remettent alors à couler sur les joues flétries

tandis qu’un sourire illumine son visage d’une lumière

que nul ne lui a encore jamais connu.

Celle qui ne portait pas de nom,

la discrète petite vieille dame avait sans le vouloir

éclairé les journées de tout son quartier par ses fleurs,

ses sourires et… son sapin de Noël.

 

Une fois tous ses hôtes partis,

la vieille dame a regardé son arbre avec passion

jusqu’à ce que la dernière bougie s’éteigne.

 

Conte imaginé et écrit par Sylvie Guggenheim

Une coquinerie …

 

 

Madame, quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose ?
On vous a dit souvent le mot,
On vous a souvent fait la chose.
Ainsi, de la chose et du mot
Pouvez-vous dire quelque chose.
Et je gagerai que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose !

Pour moi, voici quel est mon mot
Et sur le mot et sur la chose.
J’avouerai que j’aime le mot,
J’avouerai que j’aime la chose.
Mais, c’est la chose avec le mot
Et c’est le mot avec la chose ;
Autrement, la chose et le mot
À mes yeux seraient peu de chose.

Je crois même, en faveur du mot,
Pouvoir ajouter quelque chose,
Une chose qui donne au mot
Tout l’avantage sur la chose :
C’est qu’on peut dire encor le mot
Alors qu’on ne peut plus la chose…
Et, si peu que vaille le mot,
Enfin, c’est toujours quelque chose !

De là, je conclus que le mot
Doit être mis avant la chose,
Que l’on doit n’ajouter un mot
Qu’autant que l’on peut quelque chose
Et que, pour le temps où le mot
Viendra seul, hélas, sans la chose,
Il faut se réserver le mot
Pour se consoler de la chose !

Pour vous, je crois qu’avec le mot
Vous voyez toujours autre chose :
Vous dites si gaiement le mot,
Vous méritez si bien la chose,
Que, pour vous, la chose et le mot
Doivent être la même chose…
Et, vous n’avez pas dit le mot,
Qu’on est déjà prêt à la chose.

Mais, quand je vous dis que le mot
Vaut pour moi bien plus que la chose
Vous devez me croire, à ce mot,
Bien peu connaisseur en la chose !
Eh bien, voici mon dernier mot
Et sur le mot et sur la chose :
Madame, passez-moi le mot…
Et je vous passerai la chose !

 

Abbé de L’Attaignant (1697-1779)


Bien que son nom soit oublié, les vers qu’écrivit celui qu’on surnommait de son vivant « Le grand chansonnier » ont passé les siècles. En témoigne « J’ai du bon tabac dans ma tabatière… » chanson populaire universellement connue dont il est probablement l’auteur et qui, dans l’une de ses stophes, éclaire le peu de vocation religieuse de ce prêtre, qui, étant le fils puîné de la famille, dut laisser l’héritage à son frère, et partir étudier au Séminaire des Bons-enfants.

Un noble héritier, de gentillhommière
Recueille tout seul un fief blasonné
Il dit à son frère puîné
« Sois abbé, je suis ton aîné ! »
J’ai du bon tabac dans ma tabatière
J’ai du bon tabac, tu n’en auras pas

Il prit son sacerdoce avec une certaine désinvolture si l’on en juge par le nombre de femmes et de plaisirs divers qui traversent sa poésie. Finalement , les apparences sont sauves : la vie dissolue de cet admirateur de Voltaire et des femmes ne l’empêcha pas d’être inhumé avec tous les honneurs dus à sa fonction : « Le 11 janvier 1779, a été inhumé à la cave de cette église (Saint-Benôit) le corps de M. Gabriel-Charles de Lattaignant, prêtre du diocèse de Paris, chanoine honoraire de l’église métropolitaine de Reims, doyen de la chambre ecclésiastique, âgé de quatre-vingt-deux-ans… Inhumation faite par M. le Curé avec l’assistance de vingt ecclésiastiques… »

Ce vieux paillard d’Abbé de LATTEIGNANT , coureur, buveur et poète libertin, ne s’est pas contenté de composer les paroles de J’ai du bon tabac … Il est aussi l’auteur d’un très remarquable poème galant : Le Mot et la Chose, tout en nuances coquines,que nous sommes heureux de tirer d’une injuste obscurité.

Composer dans un style élégant et racé, six couplets de huit vers qui ne comprennent pas d’autres rimes alternées que les substantifs mot (28 fois) et chose (29 fois) relève de la performance…

 

En écoutant ce poème dit ici avec beaucoup d’ingéniosité …vous en comprendrez d’autant le charme libertin qui s’en dégage ….

Fabuleux !!!

Quand la publicité prend des airs d’originalité sur

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