Si tu viens …

Si tu viens, je prendrai tes lèvres dès la porte,
Nous irons sans parler dans l’ombre et les coussins,
Je t’y ferai tomber, longue comme une morte,
Et, passionnément, je chercherai tes seins.
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A travers ton bouquet de corsage, ma bouche
Prendra leur pointe nue et rose entre deux fleurs,
Et t’écoutant gémir du baiser qui les touche,
Je te désirerai, jusqu’aux pleurs, jusqu’aux pleurs !
.

Or, les lèvres au sein, je veux que ma main droite
Fasse vibrer ton corps – instrument sans défaut –
Que tout l’art de l’Amour inspiré de Sapho
Exalte cette chair sensible intime et moite.
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Mais quand le difficile et terrible plaisir
Te cambrera, livrée, éperdument ouverte,
Puissé-je retenir l’élan fou du désir
Qui crispera mes doigts contre ton col inerte !

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Lucie Delarue-Mardrus

Cette jeune fille d’excellente famille, que ses proches surnommaient « Princesse Amande », faillit bel et bien épouser Philippe Pétain – comme quoi celui-ci avait au moins bon goût en matière de femmes.

Mais Lucie Delarue, qui devint Lucie Delarue-Mardrus par son mariage avec un médecin extrêmement tolérant, aima bien plus les femmes que les hommes. Bien qu’elle sculptât et se fît remarquer de la bonne société parisienne également par sa prose, c’est surtout en qualité de poétesse que la mémoire littéraire a conservé son nom.

Lucie Delarue-Mardrus, née à Honfleur le 3 novembre 1874 et morte le 26 avril 1945 à Château-Gontier, poétesse, romancière, sculptrice et dessinatrice, journaliste et historienne française.

Ses parents ayant refusé la main de celle qu’on surnomme « Princesse Amande » au capitaine Philippe Pétain, elle épouse l’orientaliste Joseph-Charles Mardrus. Comme elle était intimement liée à Natalie Barney, Romaine Brooks et Germaine de Castro, son mari dont elle divorcera vers 1915, qui désirait garder intacte la beauté de sa Princesse Amande, propose à Natalie Barney de lui faire un enfant à sa place. C’est à cette époque qu’elle emménage au 17 bis quai Voltaire à Paris, où elle vivra de 1915 à 1936.

Les écrits de cette auteure prolifique, qui a laissé plus de soixante-dix romans, recueils de poèmes (Ferveur, 1902 ; Horizons, 1904 ; la Figure de proue, 1908), récits (le Roman de six petites filles, 1909 ; l’Ex-voto, 1921), biographies, Mémoires (1938), contes, nouvelles, récits de voyage, pièces en vers (Thoborge, reine de mer, 1905) et pièces de théâtre (Sapho désespérée, 1906), révèlent une peintre de la vie intime et de la nature. Ses écrits expriment son désir d’évasion et son amour de sa Normandie natale. Son Ex-Voto est une description pleine de sensibilité du milieu et de la vie des pêcheurs honfleurais au début du XXe siècle. Elle est également l’auteur de chroniques hebdomadaires, critiques littéraires ou musicales, conférences aux Annales parues dans la presse. Dans les dernières années de sa vie, elle a présenté au Salon de la Société Nationale des sculptures dont Danseurs nus (figurine)Dame Patricia, son nègre et son galant (figurine) ou Deux danseuses et un indifférent.

Elle passera les trois dernières années de sa vie à Château-Pontier où elle s’était retirée en 1942.

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Un chant d’Amour …

Puisse ce chant d’amour égyptien 

que l’on trouve notamment sur

le Papyrus Chester Beatty

datant de plus de 3 200 ans,

illuminer votre Jeudi …

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Unique est l’Aimée, sans pareille
La belle inégalée,
Regarde-la, elle est comme Sothis
Quand elle reparaît au début de l’année heureuse,
Brillant merveilleusement, la peau blanche, le teint clair,
Les yeux charmants, ensorceleurs,
Que ses lèvres sont douces dès qu’elles parlent !
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On ne saurait trop en dire d’elle :
Le cou long, le sein resplendissant
Ses cheveux sont de vrai lapis-lazuli,
Ses bras surpassent l’or,
Ses doigts sont des boutons de lotus,
La croupe opulente, la taille fine,
Ses cuisses portent ce qu’elle a de meilleur.
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Sa démarche est noble à travers la campagne,
Rien qu’en passant, elle dérobe mon coeur.
Elle fait tendre le cou de tous les hommes, qui se retournent pour l’admirer.
Quel bonheur pour qui la tient dans les bras !
Il est le premier des amants.
Contemple-la, tandis qu’elle sort,
Telle cette déesse, l’Unique. 

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Papyrus CHESTER BEATTY Le papyrus  composé de 30 feuilles comporte les 4 Evangiles (dans l’ordre Mt – Jn – Lc – Mc), et les Actes.

Découvert dans le Fayyoum en Egypte, il est actuellement détenu à Chester Beatty Library, Dublin.

L’Unique est, dans la poésie égyptienne, une des dénominations de Hathor, déesse de l’Amour.

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