A une robe rose …

 

Que tu me plais dans cette robe

Qui te déshabille si bien,
Faisant jaillir ta gorge en globe,
Montrant tout nu ton bras païen !

 

Frêle comme une aile d’abeille,
Frais comme un coeur de rose-thé,
Son tissu, caresse vermeille,
Voltige autour de ta beauté.

 

De l’épiderme sur la soie
Glissent des frissons argentés,
Et l’étoffe à la chair renvoie
Ses éclairs roses reflétés.

 

D’où te vient cette robe étrange
Qui semble faite de ta chair,
Trame vivante qui mélange
Avec ta peau son rose clair ?

 

Est-ce à la rougeur de l’aurore,
A la coquille de Vénus,
Au bouton de sein près d’éclore,
Que sont pris ces tons inconnus ?

 

Ou bien l’étoffe est-elle teinte
Dans les roses de ta pudeur ?
Non ; vingt fois modelée et peinte,
Ta forme connaît sa splendeur.

 

Jetant le voile qui te pèse,
Réalité que l’art rêva,
Comme la princesse Borghèse
Tu poserais pour Canova.

 

Et ces plis roses sont les lèvres
De mes désirs inapaisés,
Mettant au corps dont tu les sèvres
Une tunique de baisers.

 

Théophile Gautier, La comédie de la mort

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Pour sourire …

Le nez du chameau ou la fable des accommodements !
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Une nuit froide, alors qu’un arabe était assis dans sa tente, un chameau introduisit gentillement son nez sous le battant et regarda en disant: « Maitre, laissez-moi seulement mettre mon nez dans la tente. Il fait froid et tempête dehors. »

 

« Certainement et bienvenue » dit le maitre en se retournant et s’endormant de nouveau

 

Un peu plus tard, l’arabe se réveilla pour constater que le chameau avait non seulement mis son nez dans la tente mais aussi sa tête et son cou. Le chameau, retournant sa tête, dit : Je vais prendre juste un peu plus d’espace si je place mes pattes de devant dans la tente. C’est difficile de rester dehors. »

 

« Oui, tu peux entrer tes pattes de devant, » dit le maitre, se déplaçant un peu pour laisser de la place, car la tente était petite.

 

Finalement, le chameau dit, « Puis-je entrer complètement à l’intérieur ? Je garde la tente ouverte en me tenant comme je le fais. »

 

Oui, oui, dit l’arabe. Entre complètement à l’intérieur. Ce sera peut-être mieux pour nous deux. »

 

Alors le chameau s’entassa à l’intérieur. L’arabe réussit difficilement à se rendormir dans ce cantonnement encombré. Lorsqu’il se réveilla de nouveau, il était dehors au froid et le chameau avait la tente pour lui tout seul.

 

Conte arabe, auteur inconnu

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Pour nourrir votre réflexion:

 

1.- Pensez-y deux fois avant de laisser quelqu’un mettre son nez dans vos affaires !

2.- Dans la vie, on est jamais trop bon, mais toujours trop bonasse !!!

3.- Accommoder pour faire de la place, oui ! Accommoder pour céder toute la place, non !

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