Les mots de nos grand-mères …

Le goût des Mots …

Les mots nous intimident.

Ils sont là,

mais semblent dépasser nos pensées,

nos émotions,

nos sensations.

Souvent, nous disons:

« Je ne trouve pas les mots. »

Pourtant, les mots ne seraient rien sans nous.

Ils sont déçus de rencontrer notre respect,

quand ils voudraient notre amitié.

Pour les apprivoiser,

il faut les soupeser,

les regarder,

apprendre leurs histoires,

et puis jouer avec eux,

sourire avec eux.

Les approcher pour mieux les savourer,

les saluer,

et toujours un peu en retrait se dire:

je l’ai sur le bout de la langue ,

le goût du mot qui ne me manque déjà plus.

Philippe Delerme
 
 
 

Souvenons-nous quand  nos grand-mères disaient …

 

Il a un nez à piquer des gaufrettes

 » Il a un nez pointu « 

Un nez à piquer des gaufrettes, long et pointu,

n’offre pas le même profil que le quart de brie au milieu du visage,

un nez imposant,

que la patate ou que l’aubergine,

dont la couleur violacée caractèrise l’ivrogne.

L’appendice est si visible qu’on dit d’une évidence:

Cela se voit comme le nez au milieu de la figure.

C’est aussi un sujet de moquerie dont il vaut mieux ne pas être la victime,

à moins d’être le Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand

et d’avoir le sens de la répartie aussi aiguisé que celui de l’autodérision:

 » C’est un roc!…c’est un pic!…c’est un cap!…

Que dis-je, c’est un cap?…C’est une péninsule! »

Quant à la bouche, il est préférable au XIX°siècle de l’avoir

« bien meublée »,

comme dans Le Capitaine Fracasse, de Théophile Gauthier,

ou d’avoir le jeu complet.

En ce temps là, s’il manquait des dents à quelqu’un,

on disait qu‘il boudait aux dominos,

le pire étant toutefois de n’avoir plus de chaises dans la salle à manger,

d’être complètement édenté.

 

ou bien encore …

 

Il a les pieds en bouquet de violettes

« Il est au comble de la jouissance,il passe du bon temps »

Quand on est particulièrement détendu, on a

les doigts de pieds en éventail.

De même les pieds en bouquet de violettes s’épanouissent comme une composition florale parce qu’on est relaxé ou qu’on a éprouvé un plaisir intense…

Comme dans la chanson

Mon petit amour (1965),

de Pierre Perret:

« J’avaiq ma claque de ces drôlesses

Qui se tortillent avec tendresse

Qui disent : lève mes jupes chéri

Et tu verras montargis…

Quand j’ai connu mon Agathe

Ma jolie petite tomate

J’avais le coeur par dessus tête

Et les pieds en bouquet de violettes. »

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Voilà une toute nouvelle catégorie de créée ..

je vous en donnerai d’autres par-ci, par là …

si vous le voulez bien !

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