Seule ton Ombre me reste…

Anita photographiant elle même son ombre ….

Elle fut A comme Amour,

Amour elle restera…

A comme Anita,

Dans nos bras, dans nos cœurs,

Elle n’était que chaleur…

Qui nous manque déjà !

Tous ses grands amis verts,

Tous ceux qu’elle aimait tant,

Tout de bois, dégarnis,

Semblent avoir compris

Qu’ils ne reverraient plus

Leur très fidèle amie…

Mon cœur est en hiver

Et mon sang s’est glacé

Quand au jour de Noël

J’ai su la vérité…

Tu nous as laissés là

J’entends encore tes mots,

Je sens ton énergie,

J’entends encore tes rires,

Nos longues discussions

Tes projets d’avenir …

Et ce qui nous liait

Bien plus que de raison

Je parle de nos mots qu’ensemble,

Nous alignions…

Nos recueils échangés,

En une communion,

En Amour d’écriture…

Belle Ame tu étais,

Et nous nous comprenions,

Tu étais mon amie…

Tu me manques aujourd’hui

Sans Toi mon cœur est froid

J’ai tant besoin de Toi…

Je sais que tu es bien

Là-bas …trop loin

Que tu veille et protège,

Nous en avions parlé …

Rappelle-toi !

Quand je relis tes vers

Je te sens près de moi

Je sais que tu m’entends,

Je sais que tu me vois,

Je dois me contenter à présent de cela …

Je t’aimais Anita,

Je t’aime,

Et de te retrouver,

Ce  jour viendra…

 

Une des dernières photos d’Anita …

de ces arbres , de cette nature qu’elle aimait

au delà de ce que l’on peut  imaginer…

c’était son énergie de Vie !

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Amour déçu…

Rentrez dans vos cartons, robe, rubans, résille !
    Rentrez, je ne suis plus l’heureuse jeune fille
    Que vous avez connue en de plus anciens jours.
    Je ne suis plus coquette, ô mes pauvres atours !
    Laissez-moi ma cornette et ma robe de chambre,
    Laissez-moi les porter jusqu’au mois de décembre ;
    Leur timide couleur n’offense point mes yeux :
    C’est comme un deuil bien humble et bien silencieux,
    Qui m’adoucit un peu les réalités dures.
    Allez-vous-en au loin, allez-vous-en, parures !
    Avec vous je sens trop qu’il ne reviendra plus,
    Celui pour qui j’ai pris tant de soins superflus !
    Quand vous et mon miroir voulez me rendre fière,
    Retenant mal les pleurs qui mouillent ma paupière,
    Sentant mon cœur mourir et l’appeler tout bas,
    Je répète : « À quoi bon, Il ne me verra pas !»
    Je pouvais autrefois, avant de le connaître,
    Au temps où je rêvais en me disant : « Peut-être ! »
    Je pouvais écouter votre frivolité,
    Placer dans mes cheveux les roses de l’été,
    Nouer un ruban bleu sur une robe blanche,
    Et, comme un arbrisseau qui sur l’onde se penche,
    Contempler mollement mes quinze ans ingénus.
    (Songes, songes charmants, qu’êtes-vous devenus ?)
    Je le cherchais alors et j’attendais la vie.
    Mais aujourd’hui, comment me feriez-vous envie ?
    Le soleil n’a pour moi ni chaleur, ni clarté.
    Tout venait de lui seul dans ce temps enchanté,
    L’amour comme l’espoir, l’air comme la lumière…
    J’ai perdu, j’ai perdu mon aurore première ;
    Celle qui rit pour rire et chante pour chanter,
    Un souffle d’épouvante est venu l’emporter.
    Tout est noir, tout est mort et je me sens glacée.
    Oh ! ne m’arrachez plus à ma sombre pensée.
    Rien sur ce flot amer ne peut me retenir,
    Et l’ombre du passé s’étend sur l’avenir.

Louisa Pène-Siefert (1845-1877)

Louisa Siefert, née à Lyon le 1er avril 1845 et morte à Pau le 21 octobre 1877, est une poétesse française

Née à Lyon dans une famille protestante. Atteinte très jeune de la phtisie.

Ses poèmes eurent un certain succès à leur parution.

Ils regrettent la fin d’un grand amour de jeunesse.

Elle reçoit une éducation religieuse.

Son père était originaire de Prusse et sa mère du canton de Thurgovie en Suisse.

Influencée par le mouvement naturaliste,

sa poésie est une poésie sentimentale et réaliste

 » du cœur déçu et douloureux « ,

à l’image de sa vie semble-t-il.

Son premier recueil de poèmes, Rayons perdus, paru en 1868, connaît un grand succès.

En 1870, Rimbaud s’en procure la quatrième édition et en parle ainsi dans une lettre à Georges Izambard : « …j’ai là une pièce très émue et fort belle, Marguerite.

C’est aussi beau que les plaintes d’Antigone dans Sophocle. »

En 1863, elle fait la connaissance de Charles Asselineau, ami de Baudelaire,

et entre grâce à lui en relation avec des écrivains tels que

Victor Hugo, Edgar Quinet, Émile Deschamps, Théodore de Banville, Leconte de Lisle, Sainte-Beuve, Michelet

et avec le peintre Paul Chenavard.

Asselineau adresse son premier recueil à Victor Hugo,

qui lui envoie en retour une photographie dédicacée ainsi 

« À Mademoiselle Louisa Siefert après avoir lu ses charmants vers ».

Elle se sent autorisée à lui dédier son Année républicaine1.

Asselineau meurt en 1874,

léguant toutes ses archives à Louisa,

qui ne lui survivra que quelques années.

Alors qu’elle meurt de tuberculose à l’âge de trente-deux ans,

son œuvre est rapidement oubliée.

Louisa Siefert est l’arrière-grande-tante du chanteur Renaud.

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