Louise Labé …

 

Je vis, je meurs: je me brûle et me noie,
J’ai chaud extrême en endurant froidure;
La vie m’est et trop molle et trop dure,
J’ai grands ennuis entremêles de joie.

Tout en un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure,
Mon bien s’en va, et à jamais il dure,
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être en haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

 

 

 

Louise Labé (1524-1566)

       Poétesse de l’école lyonnaise formée autour de Maurice Scève, qui fut l’une des plus grandes femmes de lettres du XVIe siècle.

 

Née à Lyon, elle était la fille d’un riche cordier, Pierre Charly (ou Charlin), surnommé Labé. Elle reçut une bonne éducation «!à l’italienne!» – enseignement de l’italien, du latin et de la musique – et fut instruite au maniement des armes. Autour de 1543, son mariage avec un cordier lui valut son surnom de «!Belle Cordière!».

Son caractère indépendant et des rumeurs lui prêtant une liaison avec un poète de La Pléiade, Magny, lui firent à tort une réputation de femme légère. Elle fut en revanche fort réputée, et appréciée des poètes de son temps, qui lui dédièrent de nombreux vers et qui chantèrent sa beauté.

L’œuvre de Louise Labé, publiée intégralement en 1555, est composée essentiellement d’élégies et de sonnets amoureux, qui furent écrits entre 1545 et 1555. Ces poèmes, d’une grande rigueur formelle, se distinguent des œuvres contemporaines par leur ardeur, leur spontanéité et la sincérité des sentiments exprimés, en même temps que par une philosophie de l’amour d’inspiration platonicienne.

 

 

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10 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. nanacoquelicot
    Mai 31, 2012 @ 10:48:39

    mais c’ est mon fief !!! j’ adore

    Réponse

  2. fanfanvaconsin
    Mai 31, 2012 @ 13:57:35

    Coucou Océanelle !
    L’Amour…comme il est merveilleux et parfois torturant, soufflant le chaud, soufflant le froid.
    Pourtant nous ne pouvons faire sans, il est notre épanouissement, notre vie, sans lui nous sommes comme un voilier sans voile 😉

    Merci pour ce partage, je te souhaite une bonne fin de semaine que j’accompagne de doux bisous ensoleillés et tendres

    Réponse

  3. bleuemarie
    Mai 31, 2012 @ 15:13:44

    Les tourments de l’amour traversent les époques…..
    j’aime énormément ce poème, je le connais depuis la fin de l’enfance et toujours, toujours il me parle

    Cordialement
    Marie

    Réponse

  4. Manouchka
    Mai 31, 2012 @ 17:58:23

    Super intéressant Krystelle….
    C’est bon de savoir qu’à cette époque , il y avait des femmes de caractère à l’esprit indépendant …!

    Merci pour le partage …!
    Amitié
    Manouchka

    Réponse

  5. mich
    Juin 02, 2012 @ 09:15:29

    Très joli poème

    Réponse

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