Merveilleuse Anna …

Si quelque être te plaît, ne lutte pas, aborde
Ce visage nouveau sur lequel est venu
Se poser le soleil de tes yeux ingénus;
Tout ce qui te séduit, ma douleur te l’accorde.
Et moi, de loin; le cœur par le tien soutenu,
Emmêlant ton plaisir et ma miséricorde,
Je bénirai ton front posé sur des bras nus,
Ton regard poignardé qui devient plus ténu,
Et tes baisers soyeux qui rêvent et qui mordent…

Je ne me plaindrai pas, je les aurai connus.

 

Tu ne peux avoir de bonté,
Malgré de studieux efforts,
Puisque le désir ni la mort
Ne t’ont suffisamment hanté.

 Si l’on pouvait mettre en lambeaux,
Rendre immobile et désarmer
L’être effrayant qu’on veut aimer,
Tout plaisir serait un tombeau!

C’est par peur de souffrir aussi
Que l’on recherche un tendre accord,
Et que l’amour a tant souci
De l’autre âme et de l’autre corps…

 

C’est l’hiver, le ciel semble un toit
D’ardoise froide et nébuleuse,
Je suis moins triste et moins heureuse.
Je ne suis plus ivre de toi!

Je me sens restreinte et savante,
Sans rêve, mais comprenant tout.
Ta gentillesse décevante
Me frappe, mais à faibles coups.

Je sais ma force et je raisonne,
Il me semble que mon amour
Apporte un radieux secours
À ta belle et triste personne.

Mais lorsque renaîtra l’été
Avec ses souffles bleus et lisses,
Quand la nature agitatrice
Exigera la volupté,

Ou le bonheur plus grand encore
De dépasser ce brusque émoi,
Quand les jours chauds, brillants, sonores
Prendront ton parti contre moi,

Que ferai-je de mon courage
À goûter cette heureuse mort
Qu’au chaud velours de ton visage
J’aborde, je bois et je mords?…

 

Quand un soudain sommeil a séparé de toi
Ma pensée attentive, anxieuse et tenace;
Quand je suis prisonnière en ce cachot étroit,
Et quand l’amour, toujours pareil à la menace,

Semble avoir dans le songe égaré les contours
De ton être par qui me parvient l’atmosphère,
Je goûte obscurément cet instant calme et court
Dont s’est enfui le mal que ton œil peut me faire…

 

Vis sans efforts et sans débats,
Garde tes torts, reste toi-même,
Qu’importent tes défauts? Je t’aime
Comme si tu n’existais pas,

Car l’émanation secrète
Qui fait ton monde autour de toi
Ne dépend pas de tes tempêtes,
De ton cœur vif, ton cœur étroit,

C’est un climat qui t’environne,
Intact et pur, et dans lequel
Tu t’emportes, sans que frissonne
Ton espace immatériel:
L’anxieux frelon qui bourdonne
Ne peut pas altérer son ciel…

Anna de Noailles

Une fable …

Deux frères jardiniers avaient par héritage
Un jardin dont chacun cultivait la moitié ;
Liés d’une étroite amitié,
Ensemble ils faisaient leur ménage.
L’un d’eux, appelé Jean, bel esprit, beau parleur,
Se croyait un très grand docteur ;
Et Monsieur Jean passait sa vie
A lire l’almanach, à regarder le temps
Et la girouette et les vents.
Bientôt, donnant l’essor à son rare génie,
Il voulut découvrir comment d’un pois tout seul
Des milliers de pois peuvent sortir si vite ;
Pourquoi la graine du tilleul,
Qui produit un grand arbre, est pourtant plus petite
Que la fève qui meurt à deux pieds du terrain ;
Enfin par quel secret mystère
Cette fève qu’on sème au hasard sur la terre
Sait se retourner dans son sein,
Place en bas sa racine et pousse en haut sa tige.
Tandis qu’il rêve et qu’il s’afflige
De ne point pénétrer ces importants secrets,
Il n’arrose point son marais ;
Ses épinards et sa laitue
Sèchent sur pied ; le vent du nord lui tue
Ses figuiers qu’il ne couvre pas.
Point de fruits au marché, point d’argent dans la bourse ;
Et le pauvre docteur, avec ses almanachs,
N’a que son frère pour ressource.
Celui-ci, dès le grand matin,
Travaillait en chantant quelque joyeux refrain,
Béchait, arrosait tout du pêcher à l’oseille.
Sur ce qu’il ignorait sans vouloir discourir,
Il semait bonnement pour pouvoir recueillir.
Aussi dans son terrain tout venait à merveille ;
Il avait des écus, des fruits et du plaisir.
Ce fut lui qui nourrit son frère ;
Et quand Monsieur Jean tout surpris
S’en vint lui demander comment il savait faire :
Mon ami, lui dit-il, voici tout le mystère :
Je travaille, et tu réfléchis ;
Lequel rapporte davantage ?
Tu te tourmentes, je jouis ;
Qui de nous deux est le plus sage ?

.

Jean Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794)

Jean-Pierre Claris de Florian, né près de Sauve à Logrian, le 6 mars 1755 et mort à Sceaux le 13 septembre 1794, est un auteur dramatique, romancier, poète et fabuliste français.

Issu d’une famille noble et vouée à la carrière des armes, il naît au château de Florian, sur la commune de Logrian, près de Sauve dans le Gard, au pied des Basses-Cévennes. Sa mère, d’origine espagnole1 meurt lorsqu’il est enfant et il est élevé au château de Florian. Son oncle ayant épousé la nièce de Voltaire, c’est à dix ans, en juillet 1765 lors d’un séjour à Ferney, qu’il est présenté au célèbre écrivain, son grand-oncle par alliance, qui le surnomme Florianet.

A treize ans, il devient page au service du duc de Penthièvre2 puis entre quelques années plus tard à l’école royale d’artillerie de Bapaume. À sa sortie, il sert quelque temps comme officier dans le régiment des dragons de Penthièvre. La vie de garnison ne lui convenant pas, il sollicite et obtient une réforme qui lui conserve son grade3 dans l’armée mais lui permet de suivre le duc de Penthièvre à Anet et Paris (un petit appartement lui était réservé à l’Hôtel de Toulouse) et de s’adonner entièrement à la poésie. Le duc de Penthièvre, qui lui avait donné à sa cour le titre de gentilhomme ordinaire, resta sa vie durant son ami et son protecteur.

Son buste à Sceaux.

Il est élu membre de l’Académie française en 1788 après avoir vu deux de ses œuvres4 couronnées par cette institution. Contraint, en tant que noble, de quitter Paris lors de la Révolution française, il se réfugie à Sceaux. Malgré l’appui de son ami François-Antoine de Boissy d’Anglas, il est arrêté en 1794, l’épître dédicatoire de Numa Pompilius qu’il avait écrite à la reine huit ans plus tôt, le desservant devant le Comité de sûreté générale. Remis en liberté le 27 juillet grâce à Boissy d’Anglas, il meurt subitement le 13 septembre5, à l’âge de trente-neuf ans, probablement des suites de sa détention.

Il est enterré à Sceaux où sa tombe a été érigée en sanctuaire des Félibres, association culturelle et littéraire créée par Frédéric Mistral au milieu du XIXe siècle. Elle se trouve dans le Jardin des Félibriges, entourée de bustes des membres célèbres de l’association. Chaque année, à la fin du printemps s’y déroule une manifestation commémorative : les Fêtes Félibréennes de Sceaux6.

Œuvre

Jean-Pierre Claris de Florian est particulièrement connu en tant que fabuliste, ses fables étant unanimement considérées comme les meilleures après celles de Jean de la Fontaine. Le critique Dussault (1769-1824) écrit dans ses Annales littéraires : « Tous ceux qui ont fait des fables depuis La Fontaine ont l’air d’avoir bâti de petites huttes sur le modèle et au pied d’un édifice qui s’élève jusqu’aux cieux ; la hutte de Florian est construite avec plus d’élégance et de solidité que les autres et les domine de plusieurs degrés ».

Cent douze fables de Florian ont été publiées de son vivant et douze de manière posthume. Les morales de certains de ses apologues sont encore citées couramment, comme « Pour vivre heureux, vivons cachés » (Le Grillon), « Chacun son métier, les vaches seront bien gardées » (Le Vacher et le Garde-chasse) ou « L’asile le plus sûr est le sein d’une mère » (La Mère, l’Enfant et les Sarigues). Quant aux expressions « éclairer sa lanterne » ou « rira bien qui rira le dernier », elles sont tirées respectivement des fables Le Singe qui montre la lanterne magique et Les deux Paysans et le Nuage.

Toutefois, il a aussi écrit des pièces de théâtre, des romans, des nouvelles, des contes en prose ou en vers, une traduction très libre du Don Quichotte de Cervantès et de nombreux poèmes dont la plupart ont été mis en musique (plus de 200 partitions). La romance la plus connue est Plaisir d’amour, qui figure dans la nouvelle Célestine, mise en musique par Jean Paul Égide Martini.


Fables (1792)

  • La Brebis et le Chien

  • Les enfants et les perdreaux

  • L’Âne et la Flûte

  • L’Aveugle et le Paralytique

  • La Carpe et les Carpillons

  • La Fable et la Vérité

  • La Jeune Poule et le Vieux Renard

  • La Chenille

  • Le Singe et le Léopard

  • Le Calife

  • Le Château de cartes

  • Le Crocodile et l’Esturgeon

  • L’Éducation du Lion

  • L’Enfant et le Miroir

  • Le Grillon

  • Le Lapin et la Sarcelle

  • Le Philosophe et le Chat-huant

  • La Guenon, le Singe et la Noix

  • Le Vacher et le Garde-chasse

  • Le Vieil Arbre et le Jardinier

  • Le Rossignol et le Prince

  • Les Deux Voyageurs

  • Les Deux Jardiniers

  • Le Phénix

  • L’inondation

  • Le danseur de corde et le balancier

  • L’avare et son fils

  • Le cheval et le poulain

Théâtre

  • Les Deux Billets (1779)

  • Jeannot et Colin (1780)

  • Les Jumeaux de Bergame, Le Bon ménage (1782)

Nouvelles

  • Bliombéris, Pierre, Célestine, Sophronime, Sanche, Bathmendi (1784)

  • Selmours, Sélico, Claudine, Zulbar, Camiré, Valérie (1793)

Pastorales

  • Galatée (imité de la Galatée de Cervantès, 1783)

  • Numa Pompilius, (roman imité de Télémaque, 1786)

  • Estelle et Némorin (1788)

  • Gonzalve de Cordoue (1791) précédé d’une étude Précis historique sur les Maures

Églogues

  • Ruth (1784) couronnée par l’Académie française

  • Tobie (1788)

Contes

  • Les muses

  • Le vizir

  • Inès de Castro

Divers

  • Voltaire et le Serf du Mont Jura (1782) dialogue en vers entre Voltaire et un paysan, primé par l’Académie française le sujet étant « l’abolition de la servitude dans les domaines du roi »

  • Eliézer et Nephtali (publication posthume en 1803)

  • Traduction libre de Don Quichotte (publication posthume en 1798)

  • Mémoires d’un jeune Espagnol

Super !!!!!

Un grand MERCI à mon amie Geneviève

(Filamots)

qui de suite m’a appelée pour me guider dans les fonctions de WP et voilà !

Un bel exemple de solidarité virtuelle et d’Amitié !

Pour Toi mon Amie

Help à Vous tous !!!

Voici mon problème :

J’ai supprimé mon avatar pour le remplacer par ma simple photo …

Depuis , lorsque je clique sur

« j’aime »

dans vos commentaires,

un affreux petit bonhomme rose se met en avatar …

et sur ma page,

comme vous pouvez le constater …

un sigle anonyme pas plus beau je dois dire,

est là pour me représenter …..

Pourtant dans mon profil,

ma photo parait en bonne place d’avatar …   ???

Alors,

si l’un ou l’autre d’entre vous pouvait m’expliquer

ce que je dois faire,

je vous en serais très reconnaissante …

Car là … je suis à la limite de la crise de nerfs,

je suis dessus depuis hier ….

Grand MERCI à tous ….

Un Jour d’Amour…

.

Que peut remplacer la chaleur d’un Cœur

En Amour comme en Amitié, 

le souffle d’un mot baigné dans un regard de tendresse et de générosité …

un geste maladroit tenté doucement envers l’autre, timidement mais intensément …

Une mèche égarée par la brise, captant le regard de l’aimé à l’en distraire …

jusqu’à ce que son doigt la replace amoureusement …

Une carte arrivée , deux mots d’Amitié pour ce jour d’Amour …

Un bouquet épanoui , quelques roses « rouges », colorées de son cœur qui n’ose dire …

Le cadeau éternel choisi pour ce jour là, choisi pour engager leur vie…

Que peut remplacer la chaleur d’un Cœur

Une main tendue vers l’être qui est seul, qui a froid, qui a tant besoin d’être aimé … juste ce jour là…

Une caresse pour l’enfant rejeté , qui a le Cœur qui pleure…

Un regard de compassion, un geste d’Amour pour celui qui n’a plus personne au seuil du grand passage…

Un mot d’espoir pour celui abandonné, qui a le Cœur qui saigne, torturé d’abandon…

Que peut remplacer la chaleur d’un Cœur

Une journée dans l’année pour se consacrer à l’autre…

Le choyer, le chérir, lui ouvrir son Cœur à nu…

Lui redire tous ces mots que l’on ne se dit plus…

Refaire ces gestes qui nous ont tant plu…

En inventer aussi…

juste pour ce jour là

Que peut remplacer la chaleur d’un Cœur

Un jour pour pardonner,

un jour pour oublier,

un jour pour espérer,

 pour seulement…

AIMER

Un moment de pure grâce …

C’est

ICI

Me revoilà près de Vous …

Je me suis absentée sans pouvoir Vous prévenir …

Je reviens avec un désir très fort

 de vous montrer ma petite

Amélie

qui aura le 14 Février

3 mois 

dont vous connaissez l’arrivée en ce monde un peu

perturbée et précoce …

Alors,

quelques photos qui parleront d’elles-même

à tous les cœurs tendres !

Que voulez-vous, les mamies ne peuvent pas s’empêcher d’être fières !!!

Me revoici …

…Après quelques jours de grands rires, de retrouvailles, de partages …

 Je vous offre un panel de détente de tous genres pour fêter cela avec

Vous …

Installez-vous confortablement et regardez ,

en grand écran bien sûr …

 

C’est fabuleux à voir et à entendre …

ICI

Ensuite

Un peu de rires à présent …

ICI

 

Un grand moment « Tendresse »…

 

ICI

Et pour finir,

vous remettre les nerfs à fleur de peau ,

exercez votre patience avec ce petit jeu ….

 

ICI

Pause week end …

Une amie pas vue depuis 3ans vient me voir quelques jours …

alors … à Mardi

Bon week end également à tous !

Petite info …pour Vous

Comme demandé de nombreuses fois,

je vous donne le montant des frais d’envoi pour mon recueil ….

Pour la Belgique        4€10

Pour le Canada           5€60

Pour la Suisse             4€10

 Pour la France            2€80

+

le prix du recueil  qui est de 14€50

Vos livres demandés ont été postés ce matin …

Je vous en souhaite bonne réception

et surtout

beaucoup d’émotion à votre lecture …

Pour tout ce bonheur dans notre partage

de coeur et de mots…

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