Réquisitoire…

 

Je ne vous aime pas Monsieur l’Hiver ….

 

Lorsque Monsieur l’Automne se trouve dépouillé, vous profitez alors pour prendre vos quartiers.

Vous faites table ronde en conviant vos amis. Ils répondent « présent », le vent, le froid, la pluie … et puis leurs connaissances  aussi,  le gel, la neige, le givre et le verglas sans compter toute une ribambelle de nuages les plus gris.

 

Lorsque j’ouvre ma porte à votre volonté, votre souffle glacé  vient me figer le  cœur …

Je reconnais pourtant votre belle élégance,  quand vous voulez parfois dans un souci d’état, revêtir quelques temps votre grand manteau blanc … mais, je le redis tout bas, je ne vous aime pas !

 

Vous nous prenez le jour, vous le raccourcissez, et vous rendez nos nuits d’une longueur sans fin…

Pour vous faire apprécier, quelle ingéniosité ! Arriver en Décembre pour célébrer Noël, en voilà une idée! Vous avez bien choisi ….et vous avez gagné !  Mais cela étant dit, je ne change pas d’avis.

 

De quel droit avez-vous refroidi mon ami ? Il s’agit du Soleil et je le nomme ici ! Pourquoi de votre fait, nous priver bien souvent d’une telle merveille ?

Vous le laissez paraitre pour briller vos atours mais…vous nous empêchez bien tout lien d’intimité ! Auriez-vous un litige avec Monsieur l’Eté ? C’est ma foi décidé, vous n’aurez pas mon amitié !

 

Pourrai-je être indulgente quand chaque année venue, vous mettez au panier nos rideaux de verdure ?

Et nos amis plumés, ces petits êtres frêles…y avez-vous songé ?  Ils ne demandent rien mais quand vous arrivez, leurs becs restent vides et vous vous en moquez …

Je n’oublie pas  non plus les défavorisés, ces êtres sans abri, bien obligés ici de subir votre loi !

Vraiment…décidément, je ne vous aime pas !

 

Vous essayez pourtant de vous faire pardonner puisqu’à partir de vous, chaque jour se prolonge…mais bien trop lentement pour un revirement !

C’est donc pendant trois mois que vous restez chez moi, et que vous m’obligez à l’hospitalité !

C’est mon hostilité ici que je confirme, et vous le méritez…

 

Je vais donc de ce pas consoler mon ami, lui dire de patienter, de préparer ses pas, d’enjoliver son air.

Lui dire que bientôt, lui aussi, il aura ses éclats.

Que pour le célébrer, il est très attendu…

 

Alors Monsieur l’Hiver, quand sera arrivé votre jour de trépas, je vous présenterai celui qui vous suivra….

 

Je vous dirai :  » voici  Monsieur Printemps ! « ,  vous ouvrirai la porte… et vous souhaiterai…

« bon vent ! »

 

 

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