Encore des mots pour s’aimer …

L’amour se murmure ou se crie.

Il s’écrit aussi.

Dessiner ses sentiments mot après mot,

c’est un cadeau .

C’est aussi une jolie façon d’interroger le lien qui nous unit à l’autre.

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Virginia Woolf, en 1927, à Vita Sackville-West

 

« Regarde Vita — laisse tomber ton homme, et nous irons à Hampton Court et dînerons toutes les deux sur la rivière et marcherons dans le jardin au clair de lune et rentrerons tard et boirons une bouteille de vin et deviendrons pompettes, et je te dirai toutes les choses que j’ai en tête, des millions, des myriades — Elles n’émouvront pas de jour, seulement dans le noir sur la rivière. Penses-y. Laisse tomber ton homme, je te dis, et viens. »

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Lettre de Guillaume Apolinaire à Madeleine Pages


 » Madeleine,
je serre votre souvenir comme un corps véritable/
Est-ce que mes mains pourraient prendre de votre beauté/
Ce que mes mains pourraient en prendre un jour/
Aura-t-il plus de réalité ? «

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Lettre d’amour de Victor Hugo à Léonie Briard

 

 » Samedi – trois heures du matin.
Je rentre. J’ai ta lettre. Cette douce lettre, je l’avais lue aujourd’hui dans tes yeux. Que tu étais belle tantôt aux Tuileries sous ce ciel de printemps, sous ces arbres verts, avec ces lilas en fleurs au-dessus de ta tête. Toute cette nature semblait faire une fête autour de toi. Vois-tu, mon ange, les arbres et les fleurs te connaissent et te saluent. Tu es reine dans ce monde charmant des choses qui embaument et qui s’épanouissent comme tu es reine dans mon coeur.
Oui, j’avais lu dans tes yeux ravissants cette lettre exquise, délicate et tendre que je relis ce soir avec tant de bonheur, ce que ta plume écrit si bien, ton regard adorable le dit avec un charme qui m’enivre. Comme j’étais fier en te voyant si belle! Comme j’étais heureux en te voyant si tendre!
Voici une fleur que j’ai cueillie pour toi. Elle t’arrivera fanée, mais parfumée encore; doux emblème de l’amour dans la vieillesse. Garde-la; tu me la montreras dans trente ans.
Dans trente ans tu seras belle encore, dans trente ans je serai encore amoureux. Nous nous aimerons, n’est-ce pas, mon ange, comme aujourd’hui, et nous remercierons Dieu à genoux.
Hélas! Toute la journée de demain dimanche sans te voir ! Tu ne me seras rendue que lundi. Que vais-je faire d’ici là ? Penser à toi, t’aimer, t’envoyer mon coeur et mon âme. Oh! de ton côté sois à moi! à lundi! — à toujours !  »

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Lettre d’Henri IV à Gabrielle d’Estrées 

 

« Mon bel Ange,
si à toutes heures m’était permis de vous importuner de la mémoire de votre sujet,
je crois que la fin de chaque lettre serait le commencement d’une autre »

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Lettre d’amour de Voltaire à Madame Denis

 

 » Je vous embrasse mille fois. Mon âme embrasse la vôtre, mon vit et mon coeur sont amoureux de vous. J’embrasse votre gentil cul et toute votre adorable personne  »

 .

 

Juliette Drouet (1806-1883) Maîtresse de Victor Hugo

 

 » Je fais tout ce que je peux pour que mon amour ne te dérange pas.
Je te regarde à la dérobée.
Je te souris quand tu ne me vois pas.
Je mets mon regard et mon âme partout où je voudrais mettre mes baisers : dans tes cheveux, sur ton front, sur tes yeux, sur tes lèvres, partout où les caresses ont un libre accès… «

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Ernest Hemingway, le 16 avril 1945, à Mary Welsh

 

« S’il te plaît Pickle, écris-moi. Si c’était un travail que tu devais faire, tu le ferais. C’est très dur sans toi et je fais avec, mais tu me manques tellement que je pourrais en mourir. S’il devait t’arriver quelque chose, je mourrais comme un animal meurt au zoo quand il arrive quelque chose à sa moitié.

Je t’aime ma très chère Mary, et sache que je ne suis pas impatient. Je suis juste désespéré. »

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Et pour finir ce poème de Victor Hugo

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Ô mes lettres d’amour, de vertu, de jeunesse,
C’est donc vous ! Je m’enivre encore à votre ivresse ;
Je vous lis à genoux.
Souffrez que pour un jour je reprenne votre âge !
Laissez-moi me cacher, moi, l’heureux et le sage,
Pour pleurer avec vous !

J’avais donc dix-huit ans ! j’étais donc plein de songes !
L’espérance en chantant me berçait de mensonges.
Un astre m’avait lui !
J’étais un dieu pour toi qu’en mon coeur seul je nomme !
J’étais donc cet enfant, hélas! devant qui l’homme
Rougit presque aujourd’hui !

Ô temps de rêverie, et de force, et de grâce !
Attendre tous les soirs une robe qui passe !
Baiser un gant jeté !
Vouloir tout de la vie, amour, puissance et gloire !
Etre pur, être fier, être sublime et croire
A toute pureté !

A présent j’ai senti, j’ai vu, je sais. – Qu’importe ?
Si moins d’illusions viennent ouvrir ma porte
Qui gémit en tournant !
Oh ! que cet âge ardent, qui me semblait si sombre,
A côté du bonheur qui m’abrite à son ombre,
Rayonne maintenant !

Que vous ai-je donc fait, ô mes jeunes années !
Pour m’avoir fui si vite et vous être éloignées
Me croyant satisfait ?
Hélas ! pour revenir m’apparaître si belles,
Quand vous ne pouvez plus me prendre sur vos ailes,
Que vous ai-je donc fait ?

Oh ! quand ce doux passé, quand cet âge sans tache,
Avec sa robe blanche où notre amour s’attache,
Revient dans nos chemins,
On s’y suspend, et puis que de larmes amères
Sur les lambeaux flétris de vos jeunes chimères
Qui vous restent aux mains !

Oublions ! oublions ! Quand la jeunesse est morte,
Laissons-nous emporter par le vent qui l’emporte
A l’horizon obscur,
Rien ne reste de nous ; notre oeuvre est un problème.
L’homme, fantôme errant, passe sans laisser même
Son ombre sur le mur !



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